Ventilation : retour sur la nouvelle norme filtration

La qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments est un enjeu de santé publique important et les composants des systèmes de ventilation ont, sur ce plan, un rôle essentiel. La classification des filtres notamment, a évolué pour mieux prendre en compte les particules fines et ultrafines. Le point sur la nouvelle norme filtration.

L’organisation internationale de normalisation (ISO) a publié en décembre 2016 une nouvelle norme pour l’industrie de la filtration de l’air et de la ventilation générale. La version française NF EN ISO 16890 a été publiée en mai 2017. Norme volontaire, elle s’applique après un temps d’adaptation de 18 mois depuis juin 2018. Ce texte, qui remplace la norme européenne EN779:2012 et la norme ASHRAE 52.2., définit les procédures de tests et le système de classification des filtres à air utilisés dans les systèmes de ventilation générale. Une norme qui apporte un réel bénéfice sanitaire aux usagers puisque les procédures de test sont plus exigeantes, donc a priori plus performantes, notamment parce qu’elles prennent d’avantage en compte les particules ultrafines, les PM1 (taille < 1 µm), les plus dangereuses pour la santé. Résultat : une meilleure qualité d’air intérieur et une protection de la santé accrue.

Nouvelles procédures de test

De fait, l’efficacité des filtres est désormais évaluée selon les mêmes critères et paramètres qu’utilisent l’organisation mondiale de la santé (OMS) et les agences environnementales du monde entier, et ce sur trois tailles de particules : PM1, PM2,5 et PM10*. Les tests sont effectués sur la base de poussières standards et portent sur l’ensemble du filtre et non un échantillon. Le classement de filtration s’effectue ensuite après calcul de la moyenne de son efficacité à l’état neuf et usagé. Ainsi, pour être classé ePM1 (« e » pour « efficacité »), les filtres doivent désormais avoir une efficacité déchargée ≥ 50% sur les PM1 et pour être classés ePM2,5, une efficacité déchargée ≥ 50% sur les PM2,5. Ce qui veut dire que pour être efficace, un filtre classé ePM1 devra arrêter au moins 50 % des particules ultrafines (PM1).

Un nouveau classement à intégrer

La difficulté pour les professionnels : s’habituer au nouveau type de classement qui remplace celui de la norme de filtration EN 779, lequel classait les filtres dans les catégories suivantes : grossiers (G1 à G4), moyens (M5 et M6) et fins (F7 à F9). La complexité est d’autant plus grande que les méthodes d’essais ne sont pas comparables et qu’il n’existe pas de corrélation directe entre l’ancien classement et le nouveau. Les organisations professionnelles, notamment l’Aicvf (Association des ingénieurs en climatisation ventilation et froid) ont publié des tableaux indicatifs qui font aujourd’hui référence. Ils permettent de mieux comprendre les équivalences.

 

Tableau des équivalences établi par l’Aicvf (Association des ingénieurs en climatisation ventilation et froid)

 

*Taille des particules

PM1 = masse des particules de 0,3 à 1 µm

PM2,5 = masse des particules de 0,3 à 2,5 µm

PM10 = masse des particules de 0,3 à 10 µm