La Charte tertiaire fête ses 5 ans !

Le Plan Bâtiment Durable a créé en 2013 la Charte pour l’efficacité énergétique et environnementale des bâtiments tertiaires publics et privés. Cette initiative pensée pour organiser une mobilisation volontaire des acteurs du secteur a su convaincre. Le bilan après cinq ans témoigne d’une véritable dynamique et d’une prise de conscience croissante.

Le Plan Bâtiment Durable rassemble des acteurs du bâtiment et de l’immobilier afin de favoriser l’atteinte des objectifs d’efficacité énergétique de ce secteur. Le 31 octobre 2013, une charte a été lancée afin de susciter la mobilisation des professionnels, en attendant l’instauration d’une obligation légale de rénovation énergétique du parc tertiaire. Une nouvelle version a été proposée en 2017, qui intégrait les nouveaux enjeux relatifs aux énergies renouvelables et au carbone. Depuis, la loi Elan, votée fin 2018, a instauré une obligation d’amélioration énergétique du parc tertiaire d’ici à 2050. Le premier palier, fixé dès 2030, impose un objectif de réduction des consommations d’énergie finale de 40%. Pour autant, il reste utile de soutenir cette mutation en soulignant l’urgence d’agir.

Fin 2018, le Plan Bâtiment Durable a ainsi publié son 4ème rapport de suivi intitulé « 5 ans de la Charte tertiaire : une dynamique opérationnelle engagée, des résultats certains ». De fait, au 17 décembre 2018, on dénombrait 131 signataires, grands acteurs du parc tertiaire public et privé. 25 nouveaux organismes ont rejoint cette dynamique volontaire au cours de la dernière année. Le rapport de suivi se fonde sur les réponses d’un échantillon de 40 répondants, soit 1/3 des signataires représentant 40 millions de m² de surface du parc tertiaire.

Les apprentissages du dernier rapport de suivi

Il ressort que les objectifs ont « peu varié pour les signataires qui sont entrés dans la Charte dès 2013. » Ces objectifs vont donc être conservés par « presque tous les signataires ». Par ailleurs, le développement des services de récupération des données de consommation, auprès d’Enedis et GrDF notamment, a permis la constitution d’une image énergétique plus fine. Le déploiement des compteurs communicants est un facteur facilitateur. Une amélioration des pratiques, sur la base de ces données brutes, est ainsi à relever. Conséquence ? « La mesure des coûts évités et cumulés […] permet un excellent exercice de conviction et démontre comment l’efficacité énergétique participe de la compétitivité de l’entreprise », explique le rapport. A noter : les économies annuelles déclarées par les signataires varient de « quelques dizaines de milliers d’euros à plusieurs millions d’euros », selon la taille des bâtiments concernés.

Par ailleurs, on peut observer le développement progressif de stratégies « carbone ». L’obtention du label BBCA (Bâtiment Bas Carbone) ou le recours au référentiel E+C- sont des outils sur lesquels s’appuient les signataires de la Charte, engagés dans un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le recours aux transports en commun, « la flexibilité et les pratiques de télétravail » sont également envisagés dans cette perspective.

Si l’on constate un déploiement encore limité des énergies renouvelables, l’autoconsommation se dessine comme un « élément important des stratégies de transition écologique et énergétique des organisations ».

Enfin, la mise en place d’objectifs d’économies d’énergie réalistes a permis à la majorité des répondants de constater des effets positifs, dans les délais établis. « Certaines stratégies à 10 ans présentent une bonne cohérence entre le progrès prévu et réalisé », résume le rapport. Le niveau de faisabilité a donc été intégré, ce qui est un signe encourageant. Ce bilan positif doit désormais inciter les acteurs du bâtiment tertiaire à mettre en œuvre des mesures d’économies d’énergie rapidement, afin de tenir les objectifs du premier palier de la loi ELAN, d’ici 2030.

Cinq ans après le lancement de la Charte tertiaire, les défis restent encore nombreux. Néanmoins, force est de constater qu’une authentique mutation du parc tertiaire est amorcée avec, en ligne de mire, des équipements plus économes en énergie, plus performants et plus respectueux de l’environnement.

Découvrez l’intégralité du 4e rapport de suivi de la Charte tertiaire.

Noëlle Hermal © AdC