Cap sur la RE2020

Dans le secteur de la construction, la Réglementation Environnementale (RE2020) doit succéder à l’actuelle réglementation thermique (RT2012). Le gouvernement vient d’indiquer sa mise en application le 1er janvier 2021. Le point sur les contours de cette nouvelle réglementation qui impose des critères plus exigeants.

Très attendue – et parfois redoutée – par les professionnels de la construction, la RE2020 a pris du retard. Depuis maintenant plusieurs mois, le doute planait quant à la publication des textes et à leur mise en application. Lors de la dernière édition de BATIMAT, Mikaël Thiery, de la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des paysages (DHUP), avait annoncé une publication des textes pour la « mi-2020 ». Le délai est finalement repoussé à l’automne. Le 14 janvier, le Gouvernement a indiqué dans un communiqué de presse la mise en application de cette réglementation le 1er janvier 2021. A compter de cette date, l’ensemble des bâtiments construits en France devront respecter ses nouveaux critères et objectifs.

Si la RT a évolué en RE (Réglementation Environnementale), c’est que l’Etat souhaite proposer un référentiel plus ambitieux. De fait, la prise en compte de l’empreinte carbone est une nouveauté, qui viendra compléter la problématique de la consommation énergétique. La RE2020 s’inspire ainsi du référentiel du label E+C- lancé en novembre 2016 afin, précisément, de préfigurer la réglementation nouvelle.

A quoi s’attendre ?

Selon le ministère, la réglementation sera portée par trois points principaux. Le premier est la diminution de l’empreinte carbone des bâtiments collectifs, tertiaires et individuels afin de répondre à l’objectif national de la neutralité carbone en 2050. Le deuxième point porte sur l’amélioration de la performance énergétique et le troisième, vise à « garantir la fraîcheur pendant les été caniculaires » annoncés par le GIEC. Concernant le volet énergétique, le communiqué de presse annonce d’ores et déjà que le Cep (Coefficient d’énergie primaire) de l’électricité passera de 2,58 à 2,3 kWh/m²/an tandis que la limite carbone du chauffage électrique sera réduite à 79g/kWh contre 210 dans l’expérimentation E+C-, laquelle devait pourtant préfigurer les objectifs de la RE2020. Les pouvoirs publics posent donc comme priorité l’utilisation d’une énergie décarbonée, qu’elle soit d’origine renouvelable ou électrique. Si ce point fait déjà débat, d’autres annonces sont saluées comme le recours aux matériaux biosourcés, aux modes de construction peu émissifs en carbone et le renforcement du Bbio – c’est à dire le Besoin Bioclimatique conventionnel, indicateur qui mesure l’impact de la conception sur la performance du bâti en refroidissement, chauffage et éclairage.

Les concertations continuent

La date de mise en application de la réglementation est connue, pour autant l’ensemble du référentiel n’est pas encore validé. Une nouvelle phase de concertation est prévue cette année, ayant pour but d’« analyser avec précision les effets de la RE2020 sur les matériaux, les modes constructifs et les filières du bâtiment », selon le Gouvernement. A suivre, donc.

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