RE2020 : la prochaine réglementation environnementale se dessine

Les grands axes de la prochaine réglementation environnementale (RE2020) ont été récemment communiqués par le gouvernement. Confort d’été pris en compte, renforcement du Bbio et mesures inattendues : le point sur les contours d’une réglementation qui fait débat.

Attendue et redoutée : la future réglementation environnementale promet d’apporter quelques bouleversements dans le secteur de la construction neuve. Après plusieurs mois de retard sur le calendrier prévu, les premiers éléments ont été publiés par le ministère de la Transition écologique le 24 novembre dernier, complétés par les récentes annonces de la ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, rapportées le 18 février dans le journal Les Echos.

Une mise en place progressive

Première information relative au calendrier : l’entrée en vigueur de la RE2020, qui devait initialement avoir lieu pendant l’été 2021, sera finalement reportée au 1er janvier 2022. Elle concernera les maisons individuelles et logements collectifs. La règlementation s’appliquera avec un renforcement progressif des exigences entre son entrée en vigueur et 2031. Trois paliers successifs auront lieu en 2025, 2028 et 2031. Les spécificités portant sur la construction des bâtiments tertiaires seront présentées dans un second temps, avec une entrée en vigueur courant 2022. Quant à la RE2020 dédiée aux bâtiments tertiaires « spéciaux », elle sera définie plus tard. Sa mise au point « prendra nettement plus de temps », selon les propos d’Emmanuelle Wargon.

Le confort d’été pris en compte

Evolution intéressante apportée par la RE2020 : l’indicateur de besoin bioclimatique (Bbio) sera renforcé par rapport aux exigences de la RT2012. La nouvelle réglementation prendra aussi en compte le Bbio froid, c’est-à-dire le besoin de froid du bâtiment, ce qui est une nouveauté. Le confort d’été figure effectivement parmi les trois grands axes prioritaires annoncés par le ministère fin novembre. Les solutions de climatisation dites « passives » seront encouragées.

Valorisation des matériaux biosourcés

La RE2020 présente aussi l’intérêt d’introduire la prise en compte de l’empreinte carbone du bâtiment à travers l’analyse de cycle de vie (ACV) des matériaux – c’est-à-dire son impact environnemental depuis l’extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication et jusqu’à sa destruction. Les produits biosourcés à l’image du liège, de la cellulose, des fibres de bois ou du chanvre, par exemples, seront à privilégier pour réaliser une isolation écologique. Côté structure, le bois est préconisé mais « les matériaux géosourcés (la pierre de taille, par exemple) ainsi que la brique, le ciment et le béton » seront possibles, « si ces derniers réduisent leurs émissions de 34% d’ici à 2031 », a expliqué la ministre. La « diversité des modes constructifs » sera ainsi favorisée.

Chauffage : des nouveautés

Autre mesure faisant débat depuis son annonce : le retrait du chauffage au gaz dans les maisons individuelles neuves dès l’entrée en vigueur de la RE2020, c’est-à-dire en janvier 2022. Ce retrait ne sera imposé qu’à compter de 2025 dans les logements collectifs. Les solutions de chauffage décarbonées seront valorisées : pompes à chaleur, chaudières bois… Les radiateurs électriques sortent également gagnants. Une décision dénoncée pour le risque d’augmentation de la facture d’électricité des usagers. De façon globale, le manque de consultation pour développer cette prochaine réglementation a été déploré. Le 12 janvier dernier, huit organisations professionnelles du bâtiment avaient appelé le gouvernement à réviser sa proposition sur une RE2020 qu’ils considéraient « trop théorique ». Les dernières révisions sont un signe encourageant adressé aux professionnels, par l’exécutif.

Noëlle Hermal © AdC – L’Agence de Contenu