Qualité de l’air intérieur : il est temps d’agir !

L’Observatoire de la Qualité de l’Air (OQAI) a fêté ses 20 ans et à cette occasion, un colloque a eu lieu en décembre dernier. Plusieurs bilans ont été dressés pour différents types de bâtiments, résidentiels ou tertiaires. Quelles ont été les évolutions au cours des deux dernières décennies dans la prise en compte de la QAI ? Comment agir plus efficacement désormais ?

20 ans d’actions sur la qualité de l’air intérieur

L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur a été fondé il y a 20 ans, missionné par les Pouvoirs Publics. Son principal rôle est de « documenter l’exposition des populations à la pollution de l’air intérieur ». Pour cela, l’OQAI a réalisé des campagnes nationales de mesure de la qualité de l’air intérieur dans différents types de bâtiments : logements, bureaux, écoles et bâtiments performants en énergie. Un large bilan de ces études a été présenté dans le cadre d’un colloque, le 2 décembre dernier.

QAI, une prise de conscience au ralenti

Séverine Kirchner, membre de l’OQAI et Directrice Knowledge Management et Partenariats S&T au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), a rappelé lors de ce colloque que l’impact des produits de construction et des activités humaines sur la Qualité de l’environnement intérieur (QEI) a été identifié seulement à partir de 1979. Quant au lien entre exposition à la fumée de tabac et santé, il n’a été validé qu’en 1981 ! En plus de 40 ans, la recherche sur l’air intérieur n’a cessé de s’affiner. Pour autant, les évolutions et décisions réglementaires ont été lentes à se mettre en place et plus encore, à s’appliquer véritablement. En France, l’obligation de contrôle sur les installations de ventilation dans le résidentiel neuf vient d’être fixée, le 1er janvier 2022. Séverine Kirchner souligne un décalage entre les connaissances disponibles sur la QAI et la perception des occupants. Selon une étude Véolia confiée à Elabe*, plus de la moitié des répondants est « surprise d’apprendre que nous sommes davantage exposés à la pollution de l’air à l’intérieur de notre logement et des bâtiments que nous fréquentons qu’à l’extérieur ».

QAI dans les bureaux et à l’école : des chantiers à poursuivre

Entre 2001 et 2021, de nouveaux polluants de l’air intérieur ont été pris en compte (virus, phtalates, nanoparticules…). Une attention croissante a été portée aux systèmes de traitement de l’air et de ventilation, la volonté de maintenir une bonne qualité d’air s’est renforcée et de nouveaux bâtiments ont été étudiés sous cet aspect (bâtiments de sports, restaurants, maisons de retraite…). Si les écoles restent à ce jour insuffisamment équipées en solutions de ventilation mécanique, la prise de conscience s’opère : installation d’épurateurs d’air, de capteurs de Co2, murs végétalisés, exigence de construction durable…

Le lien entre santé et travail, sans l’angle de la qualité de l’air intérieur, est établi et fait désormais l’objet d’une réelle attention. Les résultats de l’étude européenne Officair (premier volet datant de 2017), qui avait pour objectif de documenter le confort et la QAI dans les bureaux neufs ou récemment rénovés en Europe, le montrent : 48% des répondants déplorent un air sec et 46% se plaignent d’un air confiné dans les bureaux. Conséquences de cette ventilation insuffisante ? Les maux de tête affectent 31% des répondants, 27% ont les yeux secs et 21% déclarent avoir la gorge irritée. Comme l’a souligné durant le colloque Marianne Stranger, spécialiste de la qualité de l’air chez Vito, les professionnels de la construction ont un rôle à jouer dans la prescription des équipements de ventilation afin de mettre en œuvre des installations adaptées et performantes, dans le neuf comme en rénovation.

La QAI, enjeu de santé publique pour Atlantic

Conscient de l’importance de la QAI, Atlantic développe depuis des années de solutions de traitement d’air, ventilation et épuration adaptées aux logements mais également aux bâtiments tertiaires (établissements scolaires et de santé, bureaux, hôtellerie…). « La crise sanitaire a mis en lumière l’importance de la QAI en tant que problème de santé publique, ce qui est très bénéfique », souligne Julien Vandebeek, Directeur marketing du Pôle Climatisation et Ventilation Atlantic. « Dans le même temps, elle a soulevé cette question cruciale dont nous avons conscience depuis plusieurs années chez Atlantic : la nécessité d’équiper les locaux avec des solutions permettant d’améliorer la QAI – et qui consomment de l’énergie – et celle de réduire la consommation énergétique des bâtiments. Nous pensons que l’équilibre est possible en s’équipant d’une ventilation performante et correctement dimensionnée, associée à des solutions locales de purification de l’air, dans les espaces les plus fréquentés ».

 

* « Perception de la pollution de l’air en France, Belgique et dans la région de Shanghai », Etude Véolia confiée à Elabe, juin 2019.

 

Noëlle Hermal © AdC – L’Agence de Contenu