Récupération d’énergie : engager un cercle vertueux

Outre la santé des occupants, la ventilation est au cœur des enjeux liés à la réduction de la facture énergétique et à la décarbonation des bâtiments du secteur tertiaire. Pour y répondre, rien de mieux que de récupérer la chaleur contenue dans l’air, avant de l’évacuer du bâtiment. Sur le plan technique, centrales de récupération d’énergie ou centrale de traitement de l’air, tout est prêt.

Les bâtiments tertiaires et leurs occupants produisent de l’énergie, laquelle est, la plupart du temps, évacuée par les systèmes de ventilation sans être valorisée. Or, sa valorisation ne présente que des avantages, notamment en cette période d’augmentation exponentielle du coût des énergies. Comme l’explique Thierry Reiser, gérant du BE Fluide Enertech : « Quel que soit le bâtiment, la charge thermique de la ventilation est un enjeu très important. A titre d’exemple, nous avons réalisé un calcul entre ventilation simple et double flux pour le collège de Valenton (94)*, certifié passif et livré en septembre 2021 : le gain avec l’installation d’une double flux est de 10 à 15 Kwh/m2, ce qui représente les besoins d’un bâtiment passif ! » Pour Stéphane Bourras, chef de produit ventilation tertiaire chez Atlantic, c’est devenu une évidence : « Il y a une triple logique à récupérer la chaleur de l’air avant de le rejeter à l’extérieur. A savoir, diminuer la facture énergétique, apporter le meilleur niveau de confort possible aux occupants et réduire l’empreinte carbone des constructions. C’est quelque chose qui s’impose à nous car rejeter revient à gaspiller. »

Ventiler et économiser l’énergie : duo gagnant

C’est d’autant plus vrai que les technologies existent et qu’elles ont fait la preuve de leur efficacité : « C’est un concept très vertueux car il y a assez peu de contraintes techniques pour réaliser les installations », renchérit Stéphane Bourras. Sachant qu’elles devraient être amenées à se développer avec la nouvelle réglementation RE2020. Même si Thierry Reiser regrette que la ventilation ne soit pas mieux prise en compte : « La mise en place de l’obligation dans les logements de la vérification des systèmes est un premier pas, mais on aurait pu aller plus loin sur ces enjeux essentiels. » Stéphane Bourras partage ce sentiment : « La ventilation et la récupération de chaleur devraient être davantage portées par le législateur. Même si dans le tertiaire, il existe des leviers avec les CEE pour financer les investissements associés. »

Si la ventilation assure d’abord le renouvellement d’air indispensable à la santé des occupants, elle doit donc aussi contribuer à la performance énergétique des bâtiments. Dans le tertiaire, plusieurs options s’offrent aux concepteurs. D’abord les solutions de récupération : « Aujourd’hui, nous avons adapté notre offre, explique Stéphane Bourras, avec notre gamme de centrales de récupération d’énergie Serencio ». Ces systèmes intègrent des fonctions de récupération d’énergie optimale qui permettent de renouveler l’air hygiénique avec une régulation adaptée pour prendre en compte le taux d’occupation réelle des bâtiments. Sachant que les systèmes doivent coller aux critères d’intégration dans le bâtiment : « Il s’agit de répondre aux contraintes spatiales. »

Muscler les performances avec une centrale de traitement de l’air

Pour aller plus loin, l’autre option consiste à installer des centrales de traitement de l’air : « Certains de nos clients veulent garantir le confort uniquement par le vecteur air. Ils ont donc besoin d’installations plus puissantes en termes de capacité de chauffage, de rafraîchissement, de filtration ou encore pour permettre une réduction de la consommation énergétique via le recyclage d’air », détaille Stéphane Bourras. Chez Atlantic, cela se traduit par la montée en puissance d’une gamme de centrales de traitement d’air baptisée

« Rotatech XL2 » : « Elles répondent aux principaux codes du marché. Avec elles, il est possible d’accéder à des débits importants, jusqu’à 20 000 m3/h, soit la possibilité de traiter 5 000 m2 avec une grande surface. »

Mais sur l’ensemble de ces systèmes, Thierry Reiser alerte : « Il faut veiller à la facilité de maintenance et à éviter une trop grande complexité des systèmes mis en œuvre. Notre expérience du terrain me fait dire qu’il convient de prévoir des procédés simples, robustes et qui fonctionnent car le monde du bâtiment n’est pas celui de l’industrie. »

* Collège Samuel Paty, premier collège certifié passif en France et premier collège à structure bois d’Ile de France. Architecte Archipente.

 

Stéphane Miget © AdC – L’Agence de Contenu